Publié le 8 novembre 2019 Réaction à la volonté de M. Peiro de rassembler à Périgueux le 16 novembre. Lettre de l'association D.I.G.D. à l'attention de monsieur le Préfet de la Dordogne.

Défendre l'Intérêt Général en Dordogne

Théophile Pardo, président

Lieu dit Coquière

24220 Castels-et-Bèzenac

pardoto@orange.fr

06 75 01 62 34

 

 

 

Castels, le 6 novembre 2019

 

 

à Monsieur Frédéric Périssat

  Préfet de la Dordogne

  2 rue Paul-Louis Courier

  24000 Périgueux

 

 

 

Objet : Mépris de l'État de droit, de la Démocratie, de la République.

 

 

Monsieur le Préfet,

 

Le président du Conseil départemental, monsieur Germinal Peiro, organise avec quelques autres personnes un rassemblement proche de la préfecture le 16 novembre.

 

 Comme d'autres organisés depuis la fameuse mascarade républicaine du 3 septembre 2017, en pleine enquête publique sur le projet dit de contournement de Beynac, ce rassemblement se fait au mépris de l'État de droit.

 

 En faisant l'amalgame entre l'achèvement du contournement de Beynac et la défense du monde rural, dont il faudrait prouver le lien, M. Peiro, à son habitude, essaie de tromper l'opinion publique, les autorités de l'État, l'appareil judiciaire.

 

 Après la suspension puis l'arrêt des travaux décidé par le Conseil d'État et le Tribunal administratif de Bordeaux, le 26 novembre prochain aura lieu l'audience à la cour administrative d'appel de Bordeaux suite au recours formé par le Département.

 

 Si M. Peiro était respectueux de l'État de droit il aurait la décence d'attendre la décision de la cour d'appel avant de faire d'éventuelles démarches pour revoir son projet en fonction des attendus juridiques. Mais il n'a même pas tenu compte de l'article 37 (Voies et délais de recours) de l'arrêté préfectoral autorisant les travaux l'alertant sur l'éventualité de ceux-ci. Sa course de vitesse avec la Justice était engagée depuis longtemps.

 

Monsieur Peiro, pris dans une fuite en avant obsessionnelle qui pose question, méprise la République, la Démocratie et l'État de droit :

 

La République en participant au rassemblement du 3 septembre 2017 auquel il a appelé les élus locaux à venir porteurs de leur écharpe tricolore ! Lui-même a usurpé le port de l'écharpe de député, délit pour lequel il a subi un rappel à la loi. Dans ce rassemblement ses amis ont distribué de fausses écharpes tricolores en plastique qui, portées par des individus non habilités, mériteront des poursuites.

 

La Démocratie en commettant cet acte en pleine enquête publique et en tentant de leurrer les observateurs non avertis sur les soutiens à son projet. Cette enquête publique a fait ressortir, sur un nombre conséquent de participants (plus de 2.500), une large majorité (plus de 80%) opposée au projet (le même pourcentage sur le registre de la commune de Beynac concernée au premier chef). Ce résultat, indiscutable expression démocratique, a été balayé avec mépris.

 

L'État de droit enfin en tentant de contourner par diverses méthodes les décisions judiciaires et en dénigrant l'֤État :

 

• Campagnes de publicité inappropriées : "La France en panne",

 

• Chantier présenté comme lieu touristique, avec l'utilisation des agents du Département détournés de leurs fonctions,

 

• Création d'un site internet porteur d' affirmations mensongères, dont l'urgence à faire les travaux alors que les recours suspendaient les délais,

 

• Rassemblements appelant au port d'écharpes tricolores (qui trompent sur une véritable adhésion de la population) dont celui du 16 novembre prochain pour lequel nous nous interrogeons sur la présence éventuelle de signes républicains…

 

 Concernant ce dernier point malgré notre précédente demande et plusieurs interventions au niveau de  monsieur Frédéric Joseph, directeur de Cabinet chargé du protocole au Secrétariat général du ministère de l'intérieur, nous ne savons toujours pas si l'appel fait par un président de Conseil départemental à porter l'écharpe tricolore dans des rassemblements partisans peut être considéré comme répondant aux règles protocolaires et à la légalité. (Courrier qui vous a été adressé le 23 mai 2019)

 

 Nous espérons qu'après la lecture de ce nouveau courrier vous voudrez bien nous donner la réponse que M. Joseph nous avait laissée espérer de votre part dans un mail du 28 juin 2019. (*1)

 

• Rappelons aussi que lors des rassemblements précédents :

 

• le 16 février 2019 M. Peiro galvanisait les présents en terminant son allocution par "Nous n'avons pas peur" (en occitan)

 

• le 12 mai 2019 il semblait vouloir impressionner le ministre Jean-Michel Blanquer hué, comme la députée Jacqueline Dubois, devant la mairie de Saint-Cyprien. Il termina son intervention devant le ministre par : " Je le dis avec passion, car les gens qui sont ici, je vous le dis, ne se laisseront pas faire ! " (Sud Ouest du 13 mai 2019).

 

 Comment un président de Conseil départemental qui, dans cette affaire, a commis d'énormes erreurs d'appréciation et a voulu tenter un passage en force peut-il déclarer : "L'État est incohérent et inconséquent" (Sud-Ouest du 11 juin 2019).

 

 Dans l'affaire du contournement de Beynac l'État, parfaitement conscient de l'illégalité des travaux, n'a pas fait appel des décisions de justice. Ni de celles concernant leur remise en cause, ni de celles concernant des actes les ayant entravés.

 

 Toutes les actions de M. Peiro se font au détriment des finances du Département, sur le dos des contribuables et en particulier de ceux qui sont, pour différentes raisons, opposés au projet.

 

 Nous ne cessons de le dire et des courriers récents du sénateur Bernard Cazeau prédécesseur de M. Peiro à la présidence du Conseil général de la Dordogne, et du maire adjoint de Berbiguières, monsieur Michel Scanff, le dénoncent également. (*2) (*3)

 

 Vous nous avez écrit faire respecter le droit. L'autorisation d'un rassemblement peu de temps avant une audience judiciaire participe-t-elle de ce respect ? La manifestation a-telle été déclarée et si oui, sa localisation, allées de Tourny, à quelques mètres de la préfecture, ne pose-t-elle pas un problème au regard de l'éthique politique que devrait avoir le responsable de la première collectivité territoriale de la Dordogne. Quelle peut être la position du représentant de l'État ?

 

 Nous avons écrit aux ministres Jacqueline Gourault et Sébastien Lecornu, chargés des collectivités territoriales, pour dénoncer la gestion économique scandaleuse de ce projet et tenter, sans grand espoir, de trouver une voie pour faire révoquer par le Conseil des ministres, le président du Conseil départemental de la Dordogne. (*4)

 

 Nous envoyons copie de la présente lettre à un certain nombre de ministères parce que, suivant une formule d'actualité : "Devant un comportement hors normes il faut un État fort". Car le comportement de M. Peiro est hors normes et montre un des effets pervers de la décentralisation ! (*5)

 

 Compte tenu du nombre d'éléments scandaleux dans ce dossier, M. Peiro ne peut que poursuivre sa fuite en avant. Qui l'arrêtera de privilégier son intérêt personnel pour ce projet au détriment de l'intérêt général qui souffre des restrictions budgétaires ? (*2) (*3)

 

 Monsieur le Préfet, dans ce département la liberté d'accès aux médias est illusoire, il n'y a pas de réelle égalité pour l'expression démocratique des opposants, la fraternité se mesure à la désignation de boucs émissaires, les "châtelains" donnés à la vindicte des "croquants", les "vieux" à celle des "jeunes", les "venus d'ailleurs" à celle des "périgourdins". Grâce à la distribution de subventions un pouvoir autocratique tient les élus et la population sous le contrôle d'un système pervers.

 

 L'ancien préfet Dominique Bellion le disait publiquement en son temps (2003-2005), "En Dordogne la loi ne fait pas la loi", osant comparer le département à la Corse, les explosifs en moins.

 

 Nous comptons sur vous pour donner de l'espoir à ceux qui, dans ce département, mettent les comportements éthiques et vertueux au premier rang de leurs préoccupations.

 

 En espérant que vous voudrez bien donner suite à ce courrier, les adhérents de DIGD et moi-même vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de notre haute considération.

 

                Pour l'association D.I.G.D. Théophile Pardo, président.

 

 

 

Pièces jointes (cliquer sur chaque ligne pour accéder) :

 

(*1)  Communication partielle avec monsieur Frédéric Joseph.

(*2) Lettre du sénateur Bernard Cazeau à un journaliste de Sud Ouest (largement diffusée).

(*3) Lettre de M. Michel Scanff, maire adjoint de Berbiguières, à M. Germinal Peiro.

(*4) Lettre aux ministres en responsabilité des collectivités territoriales

(*5) Liste des ministres contactés par lettres adressées aux ministères :

 

• Édouard Philippe,     Premier ministre

• Nicole Belloubet,       Garde des sceaux, ministre de la justice

• Élisabeth Borne,        Ministre de la transition écologique et solidaire

• Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse

• Christophe Castaner, Ministre de l'intérieur

• Jacqueline Gourault,  Ministre de la cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales

• Sébastien Lecornu,     Ministre chargé des collectivités territoriales.

 

Copie à :

 

• Jacqueline Dubois,  Députée de la quatrième circonscription de la                 Dordogne.

• Bernard Cazeau,  Sénateur de la Dordogne.

• Alain Passerieux,  Maire de Beynac et Cazenac

• Jérôme Peyrat,      Maire de La Roque-Gageac

 

 

 

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