Publié le 12 novembre 2019 Lettre de l'association D.I.G.D.(*1) à tous les élus du département de la Dordogne.

Castels et Bèzenac, le 12 novembre 2019

 

 

                  à          Mesdames et messieurs les élus du Conseil départemental,

                              Mesdames et messieurs les Maires de la Dordogne,

                              Mesdames et messieurs les conseillers municipaux,

 

Objet :  Réaction de l'association DIGD à l'organisation du rassemblement du 16           novembre 2019.

 

 

           Mesdames, Messieurs,

 

            Monsieur Germinal Peiro, le président du Conseil départemental, a pris l'initiative d’un appel à rassemblement, le 16 novembre prochain. Nous ignorons si ce rassemblement a fait l’objet d’une demande d’autorisation et si celle-ci a été accordée. En effet ce point est fondamental dans la mesure où cette manifestation prévoit de se dérouler devant la préfecture, siège du représentant de l' État

.

            Pour rassembler, Mr Peiro fait un amalgame entre l’achèvement du contournement de Beynac, sa préoccupation première et obsessionnelle, et la défense du monde rural qu'il place en second. A part tenter de mobiliser plus largement en faveur du premier, quel est le lien entre les deux sujets ? Le monde rural n’a-t-il pas d’autres priorités que de nouvelles routes ?

 

            Nous avons interrogé des élus au sujet de la ruralité. Leur réponse a été : "Un des principaux problèmes de la ruralité est lié à la loi NOTRe" Cette loi a profondément modifié l'exercice de la fonction de maire en leur enlevant de nombreuses prérogatives tout en leur laissant des responsabilités difficiles à exercer. Mise en œuvre en 2015 sous la présidence de François Hollande elle a été votée par celui qui appelle aujourd'hui à la défense du monde rural.

 

            Il est vrai que Mr Peiro n'en est pas à une contradiction près.

 

            La ruralité est indissociable de la qualité environnementale. L'environnement est le domaine fort de la ruralité et le droit aux paysages en est un corollaire. Pour un département dont l'économie touristique revêt une grande importance, préserver l'environnement est un enjeu majeur.

 

              Dans cette matière, fort actif parmi les élus pour œuvrer en faveur de la protection du "Triangle d'or" de la vallée de la Dordogne comme site majeur d'Aquitaine, il avait à l’époque accepté les contraintes fortes imposées par l’Europe au classement du site en NATURA 2000 et par l’Unesco pour l’établissement de la zone centrale d’une RÉSERVE MONDIALE DE BIOSPHÈRE..

 

            Comment comprendre et accepter qu'en 2015, dès son arrivée à la tête du Conseil départemental, il ait ressorti le vieux projet de contournement de Beynac datant de la fin des années 90 alors que le droit concernant les projets destructeurs d'environnement avait considérablement évolué ? N'y avait-il pas d'autres priorités techniques par exemple favoriser l'implantation d'entreprises de nouvelle génération qui peuvent se délocaliser à condition d'avoir des possibilités de communication électronique de pointe ?

 

            Le projet de contournement de Beynac a toujours fait l'objet d'une forte opposition. La commune de Beynac, a entrepris d'améliorer sa traverse et n'est plus favorable à un contournement qui l'asphyxierait hors saison touristique. La volonté de Mr Peiro, qui a ignoré toutes les demandes de concertation et de temporisation de la part de l'État est devenue incompréhensible..

 

            On peut s'interroger sur le fait que, dès l'obtention de l'arrêté préfectoral autorisant les travaux, Mr Peiro n'ait pas tenu compte de son article 37. Cet article  mettait en garde le porteur de projet contre les recours éventuels que permet un État de droit. À contrario, s'est engagée une course de vitesse contre la Justice. Un site internet départemental ouvert fin juillet laissait même croire que le délai de trois ans, accordé pour faire les travaux, obligeait à les mener sans tarder. C'était ignorer la vérité qui veut que la durée des recours prolonge d’autant le délai autorisant les travaux.

 

            Malheureusement les inexactitudes sont souvent payantes et Mr Peiro fort d'un soutien obtenu par la tromperie a sollicité un rendez-vous avec le Président de la République. Croit-il que ce dernier a le pouvoir d'influencer les décisions judiciaires ? À la veille de l’audience du 26 novembre devant la cour administrative de Bordeaux, dans l’appel qu'il a formé contre la décision d’arrêt des travaux du 9 avril 2019, il appelle aujourd'hui à manifester en espérant; peut être, influencer les juges. Ce faisant,  dans les deux cas il passe outre l’État de droit qui veut que l'exécutif respecte le DROIT.

 

            Après la décision de l’État de ne pas faire appel des jugements de première instance, Mr Peiro a qualifié ce dernier d' «Incohérent et inconséquent». À l’inverse s’imagine-t-il faire preuve de cohérence dans la gestion du Département ? Alors que sans hésitation il est prêt à gaspiller de façon inconséquente l’argent public pour un projet « d’intérêt personnel » lié à « des raisons familiales » (*2). Alors que, pour des raisons de "contraintes budgétaires"  il développe avec des moyens limités la fibre optique et ralentit l'élimination des zones blanches, gages de développements économiques futurs. Sans oublier les restrictions sur les aides qui manquent cruellement aux SDIS 24, EHPADs, et autres services, qui sont eux d'un intérêt incontestablement général.

 

            Le 12 mai dernier devant la mairie de Saint Cyprien, Mr Peiro a organisé au pied levé un rassemblement où des élus de diverses communes portaient leur écharpe tricolore. Le ministre Jean-Michel Blanquer, hué, tout comme la députée Jacqueline Dubois, a pu entendre, parmi les arguments qu'il rabâche sans cesse, cette phrase menaçante : « Je le dis avec passion, car les gens qui sont ici, je vous le dis, ne se laisseront pas faire ! ». Ira-t-il jusqu’à appeler les périgourdins à la sédition ? Ses rassemblements en seraient-ils les prémices ?

 

            Du fait de la mauvaise gestion économique du département, l’association DIGD a tenu à alerter les ministres en charge des collectivités territoriales pour tenter d’obtenir la révocation de Mr Peiro par le Conseil des ministres.

 

            Si ce rassemblement a lieu il représentera un défi à l’État de droit, il sera une insulte à la démocratie déniée dans une enquête publique qui a montré 80 % d'opposition au projet, et à la République dont Mr Peiro a pris l'habitude de galvauder les symboles.

 

Les sept membres du conseil d'administration de l’association

D.I.G.D. pour la Défense de l'Intérêt Général en Dordogne.    -

 

 

(*1) Association D.I.G.D. (Défendre l'Intérêt Général en Dordogne) Siège social : Mairie,  lieu dit Luziers   24220   Castels et Bézenac

 

(*2) Le sénateur Bernard Cazeau. Citations personnelles, ou du Canard enchaîné, formulées dans une lettre du sénateur à un journaliste de Sud Ouest, message qui a fuité sur les réseaux sociaux.

 

Dernière minute, en réponse au message de monsieur Germinal Peiro.

 

Le : 12 novembre 2019 à 19:15 (GMT +01:00)

De : "PEIRO Germinal" <g.peiro@dordogne.fr>

À : "PEIRO Germinal" <g.peiro@dordogne.fr>

 

Objet : Rassemblement citoyen du 16 novembre

 

Madame le Maire, Monsieur le Maire,

 

A l’occasion du rassemblement citoyen pour l’achèvement du contournement de Beynac et en faveur du monde rural qui se tiendra samedi matin à Périgueux, il me semble symboliquement important que vous puissiez, tout comme les adjoint-e-s qui vous accompagneront, porter votre écharpe tricolore.

 

Je profite de ce message pour vous rappeler que ce rassemblement se tiendra en plein air, sur l’esplanade située face à la Préfecture, allées de Tourny, en vous invitant à prendre vos dispositions compte tenu des prévisions météorologiques plutôt maussades annoncées ce jour-là.

 

Vous remerciant pour votre mobilisation,

 

Je vous prie de croire, Madame le Maire, Monsieur le Maire, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Germinal PEIRO

Président du Conseil départemental

2 rue Paul Louis Courier – CS 11200

24019 Périgueux cedex

g.peiro@dordogne.frHaut du formulaire

 

Germinal PEIRO joue son va-tout !

 

Nous avons découvert le message alarmant figurant ci-dessus. Un dernier appel du président du Conseil départemental aux maires et à leurs adjoint-e-s à venir à son rassemblement, porteurs de leur écharpe tricolore.

 

L'article D. 2122-4 du CGCT précise les conditions dans lesquelles l'écharpe tricolore peut être portée par les maires, les adjoints au maire et les conseillers municipaux.

 

          Les maires portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'or dans les cérémonies publiques et toutes les fois que l'exercice de leurs fonctions peut rendre nécessaire ce signe distinctif de leur autorité.

 

          Les adjoints portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'argent dans l'exercice de leurs fonctions d'officier d'état civil et d'officier de police judiciaire, et lorsqu'ils remplacent ou représentent le maire.

 

          Les conseillers municipaux portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'argent lorsqu'ils remplacent le maire ou lorsqu'ils sont conduits à célébrer des mariages par délégation du maire.

 

Un maire est élu pour gérer sa commune et pour y faire appliquer la loi. Si le maire porte son écharpe sur sa commune, les adjoint-e-s ne doivent pas porter la leur. Quelle autorité a un maire pour aller manifester avec son écharpe tricolore en dehors de sa commune ? A-t-il mandat de son conseil municipal ? Si non, il ne représente que lui-même ! Qu'encourt un maire portant une écharpe tricolore en dehors des conditions prévues ?

 

Pour un rassemblement semblable, qui s'est déroulé en pleine enquête publique le 3 septembre 2017, Mr Germinal Peiro a usurpé le port de l'écharpe de député dévolu à Jacqueline Dubois. Appelé à rendre des comptes devant la Justice il a écopé d'un rappel à la loi (la peine maximale pour ce délit étant de un an de prison et 15.000 € d'amende). Y aura-t-il pour ce rassemblement douteux; comme pour celui du 3/09/17, distribution, par ses amis, de fausses écharpes tricolores en plastique portées par des usurpateurs ?

 

D.I.G.D. espère enfin une réponse : est-il légal de porter une écharpe tricolore dans ces conditions?

 

 

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Siège social Association DIGD

Mairie de Castels et Bèzenac

24220 Castels Bèzenac

Président Théophile Pardo

06 75 01 62 34

 

 

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